En octobre 1981,me trouvant à Alger pour je ne sais quel motif,un livre « les jeux de simulation à l’école » de John L. Taylor et Rex Wolford , sur l’étal d’une exposition , attira mon attention .Sitôt acheté et après brève et superficielle lecture,mon livre rejoignit le banal petit tas de mon insignifiant patrimoine livresque.
Ce n’est qu’ en juin 2004, plus de vingt ans plus tard , après « institution » et introduction de l’apprentissage du Français en 2° année dans les écoles primaires , en Algérie,que je retirai mon livre de cette poussiéreuse étagère : Je fis ,sans attendre , la relation entre mon livre et la nouvelle trouvaille de " la pédagogie du projet " colportée par les nouveaux programmes de la reforme.
Par ailleurs, le cri de désarroi, récemment amplifié par un journal à grand tirage « Quotidien d’Oran » du mardi 7 Dec.2004, semble lever le voile sur certaines réticences de certains collègues détracteurs de la pédagogie du projet.
Je ne peux rester indifférent et mon propos n'est pas de défendre la pédagogie
du projet. A travers cela , je veux tout simplement partager ,avec tous mes collègues ,et leur soumettre , la réalité pédagogique de la simulation dans les écoles anglo-saxonnes et leur faire sentir le rôle primordial qui nous attend dans cette tâche des plus stressantes .Je sais aussi que tout cela , suscitera de légitimes réflexions et interventions qui vont générer , à coup sûr , de souhaitables contributions et commentaires voire de possibles réactions. C'est en effet le but de ce blog . Que gagnerons nous dans tous cela ? Délier nos langues et discuter…
Alors ;
A vos marques !
Pour ma part, laissez moi commencer par dire que devant la lourde et stressante responsabilité quotidienne, je comprends facilement mon désarroi. Jeté en pâture dans l’arène de la mondialisation, bridé et sans aucune forme officielle d’appuis théoriques et méthodologiques, je tâtonne à vue. Cependant, je ne suis pas resté les bras croisés. Je me suis documenté et j'ai assez de confiance en moi-même pour me rendre compte des fausses pistes, des impasses et du bricolage de rigueur. Je n'ai pas de cornes, comme un bélier, ni le Bacc que j'ai raté en 1974 et qui ne m'a pas été nécessaire pour décrocher le JOB (just over bare) que j'exerce depuis presque trente ans. Ce n'était pas dans le magma culturel à cette époque d'avoir le Bacc; Enseigner était tellement à la portée de tout un chacun qu'il a suffit d'une simple attestation de cours du soir vous autorisant à "manipuler ", à sévir…La punition !
La nouvelle donne est tout autre. C'est celle de devenir les partenaires de nos élèves. Le pourrions nous lorsque nous nous croyons les dépositaires du savoir ??
Si aujourd'hui, dans d'autres espaces, la traduction devient la seule langue de Europe unifiée, pour nous algériens, le français demeure encore ce" butin de guerre" incontournable de notre développement. Mais à quoi sert un butin qui perd de plus en plus de sa valeur ? N’est –il pas vital et urgent de le prospecter afin de lui coller des missions de survie, lorsqu’on sait que plus de 80% des échanges mondiaux, de tout genre, se font dans la langue de Shakespeare .Si dans d"autres cieux , les théorèmes de pythagore et consorts n'ont plus droit de cité dans les classes ;ils sont impeccablement démontrés dans les milliers de sites internet ;Les matières de l'économie du management gagnent leurs entrées évidentes dans les écoles primaires. Nous opérons dans une situation en changement constant et rapide, il est vital d’anticiper, sinon, rester en arrière c’est crever. Nous semblons ignorer aussi que le monde, continuellement « boosté » par la prodigieuse "découverte du siècle", la communication de masse ; L'agressant internet et la téléphonie mobile en sont les remarquables illustrations. Enfin, ce qui était était vrai hier ne l’est plus aujourd’hui…
OHHHHhhhhhhh !!, je me suis emporté dans d'autres considérations et j'ai négligé le sujet de conversation de notre blog.
On dit que le plus difficile dans l'application de la pédagogie du projet , ce n’est autre que de trouver le juste équilibre entre les objectifs à atteindre et les désirs des élèves. Alors là , la nouvelle « philosophie », à la mode aujourd’hui ,nous recommande de nous alléger la tâche ,en décomposant le projet en mini ou sous projet et en micro projet qui seront menés à bien par les élèves eux même…
Je reviens à mon livre sur « les jeux de simulation à l’école »que je colle maladivement à la réalité d'aujourd'hui. Evidement, les anglo-saxons, disons le carrément, sont les pionniers dans l’introduction et l’application des techniques du jeu de rôle et des simulations dans leurs classes.
Lesquelles techniques, vaguement instituées chez nous, avec l’appellation déguisée de
la Pédagogie
du projet sont encore à l'étape intentionnelle et embryonnaire. Nous sommes déjà en 2005, et pour ne pas dire que nous reculons, nous marchons encore à tâtons.
Il est important de préciser ici, que cette pédagogie, a été initiée par Dewey (1870-1952) psychologue et professeur à l’université de Massachusetts qui a travaillé sur le problème de la motivation et son mot d’ordre est : « Learning by doing »
Pour avoir une idée plus pratique sur ce qui nous attend comme rôle à jouer dans nos classes, je vous cite un passage du livre en question, très significatif de cette réalité .Je pense que la nouvelle donne est là. Je cite :
« pour donner un aperçu plus approprié de ce que peut être la simulation active dans une classe , considérons le cas suivant :
Dans une classe de seconde d’une high School du Minnesota, une religieuse est chargée de l’enseignement à des jeunes filles de seize ans. A vrai dire, si elle est présente dans la classe, elle ne dirige nullement ses élèves à ce moment précis. Celles –ci sont réparties en plusieurs groupes ou beaucoup d’entre elles paraissent prendre part à des discutions fort animées. La maîtresse, qui est maintenant proche d’un groupe, entend ce que dit sa présidente pour résumer les propos échangés :
« Excusez-moi, France, mais à mon avis , nous ne devons pas nous laisser obnubiler par cette question de mains d’œuvre à bon marché. Il est évident que la firme doit en tenir compte, mais seulement comme facteur de caractère marginal. Pour ma part,comme Diane, j’ai tendance à penser que la perspective des débouchés commerciaux est bien plus importante pour le développement de l’entreprise. »
« D’accord, présidente, déclare l’une des filles , mais ne pensez-vous pas que, pour ce qui concerne l’approvisionnement en matières premières , choisir Denver comme lieu d’implantation constitue un suicide ? »
Le groupe réagit avec vigueur devant cette intervention et s’en prend à celle qui l’a faite par des murmures de désapprobation.
La classe est tout simplement engagée dans un exercice mis au point par le plan pour les études dans les High Schools américains, dont l’élaboration a coûté neuf années de labeur et un demi million de dollars….
.Fin de citation .
Alors collègues, si des élèves, filles de surcroît, se préoccupaient du développement de leur entreprises futures et si on investi des millions de dollars pour élaborer des programmes ,n'y a t il pas vraiment de quoi fou rire. Pour ma part, mieux vaux que je m'y mette ...Je serai plus rentable.Je n'ai pas de cornes et pas de bacc. A bon entendeur SALUT !!!
Salutations
Mr.B.Midoun
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